Chocolat Noir 75% Origine Nicaragua

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VARIÉTÉ


Cacao Criollo


COMPOSITION


Pâte de cacao du Nicaragua 66%*, sucre de canne*, beurre de cacao*. Cacao : 75% minimum dans le chocolat.

* issus du commerce équitable et de l’agriculture biologique (100% du poids total).


DÉGUSTATION


Chocolat noir issu du commerce équitable et de l’agriculture biologique. Grand cru Waslala – Notes de fruits secs et noisettes.
Ce chocolat, issu d’une variété ancienne et de cacaoyers anciens, nous offre des saveurs surprenantes et savoureuses de fruits secs en bouche. Ces arômes proviennent des variétés de cacaos Criollo et Trinitario.

 

Le producteur : Coopérative CACAO NICA (Nicaragua)

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Coopérative CACAO NICA (Nicaragua)

Un Coopérative dans une ancienne zone de guerre

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Waslala est une région forestière humide et très enclavée qui a subi les méfaits des différents conflits armés. Aujourd’hui encore, l’économie paysanne y est marquée par la précarité. Pourtant la région dispose d’un potentiel pour faire de son cacao un grand cru d’exception, source d’une nouvelle valeur ajoutée. Valoriser la qualité de ce cacao est le projet de la coopérative Cacao Nica qui obtient aujourd’hui des résultats prometteurs.

Pendant la dictature des Somoza, la région forestière de Waslala sur la côte caribéenne du Nicaragua constituait un refuge pour les paysans qui fuyaient les affrontements armés. Dès la victoire des Sandiniste (FSLN) en 1979, la jeune révolution lance une réforme agraire en 1981 et une campagne pour alphabétiser 400 000 personnes. Le pouvoir nationalise les biens non productifs et les propriétés du clan Somoza.

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Dans la région de Waslala, les paysans bénéficient de cette réforme agraire. Les grandes haciendas sont démantelées et chaque famille reçoit en moyenne 17,5 hectares de terre. Les combats reprennent néanmoins entre les partisans du FSLN et les contras, les contre-révolutionnaires financés par les grands propriétaires opposés à la reforme agraire et le gouvernement américain. La région forestière de Waslala est alors particulièrement touchée par les violences car elle se situe à proximité du Honduras, pays voisin d’où s’organise l’armée contre-révolutionnaire.

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En 1990, les Sandinistes perdent les élections dans un pays asphyxié par l’embargo américain. La chute du régime révolutionnaire se traduit par la fin du conflit armé et par la démobilisation des armées sandinistes et contras (près de 100 000 hommes). Les domaines d’État sont alors privatisés : 30 % des terres sont restituées à leurs anciens propriétaires expropriés lors des réformes agraires, 18% transférés aux démobilisées de l’armée Sandiniste, 20 % aux anciens contras et 32 % aux salariés des coopératives de travailleur. Les démobilisés reçoivent en général 10 hectares par famille. La région de Waslala, jugée trop isolée, échappera à ce processus. Les paysans conserveront leurs terres.

Le système de production des paysans de cette région est organisé autour de l’association de cultures maïs et haricots qui sont la base de l’alimentation. Elle était autrefois complétée par des caféiers, indispensables pour obtenir des revenus monétaires. Trop basse en altitude pour produire un arabica de qualité, la région de Waslala était à la marge du bassin caféier de Matagalpa et Jinotega.

De nombreux paysans situés dans des zones trop basses pour le café, à moins de 800 mètres, délaissent cette production au profit du cacao plus adapté à cette altitude.

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Dans le contexte de retour au calme des années 90, la coopération internationale s’implique fortement au Nicaragua, notamment dans les zones rurales, les plus touchées par la pauvreté. L’ONG allemande Promundo Humano lance à Waslala un programme de développement du cacao financé par l’Union européenne. Ce projet ne va malheureusement pas miser sur ces variétés locales qui donnent un goût spécifique au cacao, mais sur des trinitarios à hauts rendements. Les arbres sont taillés pour qu’ils restent de petite taille, afin de pouvoir réaliser une récolte manuelle rapide. En 2000, le projet de développement soutient la création de la Cooperativa de Servicios en Agroforesteria y de Comercialización de Cacao qui prend le nom usuel de coopérative Cacao Nica.

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Promundo Humano crée le lien entre la coopérative et une importante entreprise chocolatière allemande. Celle-ci souhaite lancer une gamme de chocolat bio et se montre très intéressée par cet approvisionnement direct au Nicaragua. A partir de 2005, ce chocolatier achète toute la production de cacao bio des 500 familles de producteurs de la coopérative Cacao Nica.

Suite à des période de crises économiques successives qui manquent de détruire le projet, doublé de l’abandon du projet de la part de la chocolaterie allemande, c’est le tour de Terra Etica d’investir dans le projet et d’assurer l’achat d’une production minimum qui permet à la coopérative, déjà lourdement endettée et sclérosée par une mauvaise gestion interne, de se relancer de bon pied.

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Cacao Nica a fait le choix d’une transformation primaire du cacao – fermentation et séchage – réalisée par chaque producteur à proximité des plantations ou à côté de leurs maisons. La solution d’unités de transformation plus grandes et centralisées est rapidement écartée à cause des difficultés d’accès aux communautés. En saison des pluies, au moment du pic de récolte du cacao (entre novembre à janvier), les communautés ne sont plus accessibles en camion. S’il fallait transporter le cacao frais des plantations jusqu’au bourg de Waslala, il faudrait plusieurs heures à dos de mules sur les chemins boueux.

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Le choix d’une transformation individuelle évite les difficultés du transport, mais oblige à mettre en place un contrôle de qualité strict de chaque sac de cacao entrant dans le magasin central de Cacao Nica. Le risque le plus important concerne un séchage défectueux ou insuffisant, ce qui arrive souvent en raison de la forte humidité ambiante et des équipements familiaux insuffisants. La transformation individuelle suppose une formation adéquate des producteurs comme des opérateurs des magasins de collecte. Dans le contexte de Waslala, la production de lots de cacao de qualité constante, avec un degré de fermentation assez homogène et un séchage adéquat, reste une difficulté majeure de la coopérative.

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Le nouveau conseil d’administration de la coopérative élu en septembre 2010, avec son président Rogelio Perez, mènera des changements stratégiques importants. Il a décidé de créer, dans le bourg de Waslala, un centre de transformation centralisé, équipé de bacs de fermentation en bois disposés en escalier. Bénéficiant de l’appui technique du CATIE (Centre de recherche agricole du Costa Rica), ils construisent un séchoir à air pulsé, alimenté par une chaudière au bois. Pour faire face aux difficultés de transport, la coopérative a mis en place 5 centres de collecte répartis dans la zone. Le cacao en pulpe y est rassemblé une fois par semaine. Le transport organisé par la coopérative, est effectué par camion.

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En 2012, la moitié de la récolte sera transformée dans cette unité centralisée, l’autre moitié étant transformée de façon individuelle par les producteurs. En 2013, les installations seront prêtes pour traiter tout le cacao de manière centralisée afin d’obtenir une maîtrise parfaite de la qualité.

Terra Etica contribue a ce changement stratégique en assurant une prime de qualité de 700 USD/tonne de cacao sec, en plus de la prime bio – 300 USD –  et de la prime de développement – 200 USD.

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Jusqu’à présent, Cacao Nica ne maîtrisait pas l’exportation de son cacao. Le partenariat avec Terra Etica a amené la coopérative à acquérir cette compétence. Cela a demandé la mise en place de nouvelles capacités de gestion et d’organisation. En 2012, la coopérative a développé une relation commerciale avec un nouveau client autour du cacao bio (un trader international présent au Nicaragua). Cette diversification des débouchés est salutaire et permet de limiter le risque de dépendance à un seul client.

Toute cette réflexion ont abouti à la naissance d’un véritable grand cru de 75% en teneur de cacao !

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Chaque famille possède environ 10 hectares de terre, dont seulement 1 à 2 hectares de cacao, seule culture qui apporte des revenus monétaires, mis à part parfois une parcelle de café dans les zones les plus hautes.  Sur ces surfaces, la production de cacao par famille est de l’ordre de 600 kg, soit 1700 dollars par an. Les autres productions sont destinées à la consommation familiale : le maïs pour les tortillas et les haricots, ces deux produits constituant la base de l’alimentation. Sur les surfaces restantes, les familles élèvent souvent quelques bovins qui permettent surtout de mobiliser du capital en cas de coup dur ou de dépense importante. L’économie paysanne de la zone reste encore fragile, mais les premiers résultats obtenus par la coopérative donnent déjà lieu à de nouvelles dynamiques au niveau des familles paysannes.

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